
L'audience correctionnelle du 14 mai a été consacrée au démantèlement d'un trafic de stupéfiants mis en lumière par une vaste enquête menée à Nevers et dans ses environs. Les écoutes téléphoniques, au cœur de la procédure, révèlent un langage familier où les expressions « wesh », « frère », « ma gueule » ou encore « fils de pute » ponctuent les échanges entre les protagonistes, tandis que des pseudonymes comme « Niaks », « Oscar » ou « Will » nourrissent l'incertitude sur l'identité réelle de certains interlocuteurs.
Parmi les huit mis en cause, Wilfried, 24 ans, apparaît comme le doyen. Son nom revient dans les conversations surveillées, mais il conteste fermement être le fameux « Will ». « J'ai trois frères dont le prénom commence par Wil... Celui dont vous parlez est quelqu'un d'autre, un gars de Paris », assure-t-il à la barre.
L'enquête a débuté huit mois plus tôt grâce à un renseignement parvenu à la brigade de recherches de Nevers, évoquant des transactions entre revendeurs locaux et individus d'origine guyanaise, près de stations-service ou lors de rendez-vous planifiés par téléphone. Deux lignes, identifiées sous les noms de « Niaks » (pour l'héroïne) et « Oscar » (pour la cocaïne), ont été placées sous surveillance, permettant de retracer de nombreux déplacements - jusqu'à Orly, en Essonne ou dans le Puy-de-Dôme - compatibles avec un trafic structuré.
Les perquisitions ont conduit à la découverte de stupéfiants, mais également de liasses de billets retrouvées dans la chambre du petit frère de Wilfried et de Bilal, un ami régulièrement hébergé dans l'appartement. Le prévenu insiste : « Si j'avais su ce qu'ils faisaient, je les aurais virés. Et si j'étais vraiment une tête de réseau, il n'y aurait pas un seul produit chez moi. »
Face à la complexité des identifications, Me Charles Bruguière, avocat de la fratrie, alerte sur les raccourcis tirés durant l'enquête :
« Dans cette procédure, il y a des alias qui ont été attribués de manière péremptoire par les gendarmes. Je vous souhaite bon courage pour trouver qui est qui. »
Cette défense met en lumière l'un des enjeux majeurs du dossier : un trafic présenté comme éclaté, sans véritable hiérarchie, où chaque individu effectuerait ses propres ventes, loin du schéma d'une organisation structurée.
👉 Source : Le Journal du Centre - Groupe Centre France
Article de Bertrand Yvernault : « "Wesh", "frère", "ma gueule", plus cliché, tu meurs : un trafic de drogues qui se veut sans tête à Nevers » (15 mai 2024).
Sources et références
À propos de l'auteur

Maître Charles Bruguière
Avocat pénaliste au Barreau de Paris
Avocat à la Cour, Maître Charles Bruguière exerce exclusivement en droit pénal. Il intervient en urgence 24h/24 à Paris et sur tout le territoire pour la défense des personnes mises en cause.
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